🎓 Former des animateurs Fresque du Climat en interne

Catégorie

Guides

Auteur

Maximilien Petitgenet

Temps de lecture

7 Minutes

cms image

Maximilien Petitgenet

Fondateur

La formation à l'animation de la Fresque du Climat apprend à des collaborateurs de l'entreprise à conduire eux-mêmes l'atelier, pour déployer la sensibilisation en interne sans faire appel à un prestataire à chaque session. Elle alterne théorie, mise en pratique et retours d'expérience, et les participants animent réellement pendant la formation. Cet article explique quand cette internalisation a du sens, quels profils former, et ce qui distingue un animateur qui tiendra dans la durée d'un animateur qui n'animera jamais.

Quand l'internalisation devient rationnelle Faire venir un animateur externe reste la bonne option pour une ou deux sessions. Le calcul change à partir du moment où vous visez plusieurs centaines de personnes, une intégration dans le parcours d'onboarding, ou un déploiement sur plusieurs sites. Quatre arguments reviennent chez nos clients. L'économie à l'échelle. Le coût d'un déploiement en interne se concentre sur la formation initiale des animateurs. Chaque session suivante ne coûte plus que le temps de vos collaborateurs et la licence associative. L'ancrage durable. Un animateur interne reste disponible. Il peut caler une session quand une nouvelle équipe arrive, quand un site le demande, ou quand un séminaire libère une demi-journée. La sensibilisation cesse d'être un événement pour devenir une routine. La montée en compétence. Animer un sujet oblige à le maîtriser bien au-delà du niveau requis pour y participer. Vos animateurs deviennent des interlocuteurs solides sur le climat dans leurs services respectifs, ce qui a de la valeur bien au-delà de l'atelier. L'incarnation par des pairs. Un collègue qui anime a une légitimité qu'un consultant externe n'aura jamais tout à fait : il connaît les contraintes du métier, les process internes, ce qui est faisable et ce qui ne l'est pas. Le débrief sur les actions gagne en réalisme. Purple Pepper est habilité à former des animateurs : nos formateurs sont agréés « ceinture verte » par l'association La Fresque du Climat et co-référents locaux. Sur cette prestation, la note moyenne est de 9,4/10 sur environ 150 participants évalués, avec 9,4/10 sur la qualité pédagogique. Qui former : les bons profils ne sont pas ceux qu'on croit L'erreur la plus fréquente consiste à désigner les experts climat de la maison — l'ingénieur environnement, le responsable RSE, la personne qui a lu tous les rapports du GIEC. Ce sont parfois de bons animateurs, mais leur expertise est un handicap autant qu'un atout : la tentation de faire cours est forte, et l'atelier repose précisément sur le fait que l'animateur ne fasse pas cours. Les profils qui réussissent le mieux ont trois caractéristiques : • À l'aise en animation de groupe. Formateurs internes, managers habitués aux ateliers, personnes qui font des présentations régulièrement. La compétence transférable est la conduite d'un collectif, pas la climatologie. • Capables de tenir un cadre horaire. L'atelier dure 3h30 avec des séquences minutées. Quelqu'un qui laisse déborder toutes ses réunions aura du mal. • Volontaires. Un animateur désigné d'office anime une fois puis trouve des raisons de ne plus être disponible. Un point d'attention sur la répartition : formez des animateurs dans plusieurs services et sur plusieurs sites plutôt que de concentrer la compétence dans l'équipe RSE. Cela évite que le sujet soit perçu comme relevant d'un seul département.
Ce qu'on apprend pendant la formation La formation combine trois registres. La théorie Le contenu scientifique des 42 cartes, les liens de cause à effet, les ordres de grandeur, les erreurs de compréhension les plus fréquentes chez les participants. Vous n'avez pas besoin d'un niveau de climatologue, mais il faut savoir répondre à « pourquoi cette carte va là et pas ailleurs » sans hésiter. La mise en pratique Les participants animent eux-mêmes pendant la formation, devant les autres, et reçoivent un retour immédiat. C'est la partie la plus utile et la plus inconfortable. Un verbatim de participant, noté 10/10 : « Le déroulement de la formation avec ses moments de théorie, de discussion et de pratique était tout à fait adapté. » Les retours d'expérience Les situations réellement rencontrées : la table qui va deux fois plus vite que les autres, le participant qui monopolise la parole, la question à laquelle on ne sait pas répondre. Un autre participant : « Une belle part à nos propositions, nos hésitations : nous nous sentions à l'aise pour progresser. » En pratique, la formation se déroule sur une journée complète et accueille au maximum 12 participants. Elle suppose d'avoir déjà participé à une Fresque du Climat : on ne peut pas apprendre à animer un atelier qu'on n'a jamais vécu soi-même. La posture d'animateur C'est le point qui fait la différence entre un atelier réussi et un atelier tiède. Quatre réflexes à acquérir. Ne pas être le sachant. L'animateur pose des questions, valide, relance. Il ne donne pas la réponse tant que le groupe peut la trouver. Un silence de quinze secondes autour d'une table est un silence productif, pas un incident à combler. Gérer le désaccord sur la science. La contestation frontale est rare. Quand elle survient, la règle est de ramener à la carte et à sa source — les rapports du GIEC — sans engager de débat d'opinion. Dans un atelier, ce sont souvent les autres participants qui répondent en premier, et l'animateur n'a qu'à cadrer. Gérer l'éco-anxiété. Une partie des participants prend l'ampleur du sujet en pleine figure pendant l'atelier. Le temps consacré aux émotions existe pour cela. L'animateur apprend à accueillir cette réaction sans la minimiser et sans en rajouter, puis à faire le pont vers le débrief sur les actions. Un participant l'a formulé ainsi, note de 10/10 : « J'ai beaucoup apprécié la pédagogie. J'ai pu être rassurée sur les questions que je me posais sur l'animation. » Tenir le temps. 1h30 sur la mise en lien des cartes, 1 heure de débrief : ces durées ne sont pas indicatives. Un débrief sacrifié parce que les cartes ont pris trop de temps ampute l'atelier de sa partie utile. Le retour d'un participant sur ce point : « Dynamique, efficace, organisée, respect du timing et à l'écoute. »
Organiser le déploiement après la formation Former des animateurs ne suffit pas. Il faut un dispositif minimal, sans quoi la compétence se dilue en quelques mois. 1. Un objectif chiffré et daté. « 300 personnes sensibilisées d'ici fin d'année » se pilote ; « déployer la Fresque » ne se pilote pas. 2. Du temps officiellement alloué. Une animation représente 3h30 plus la préparation et la logistique. Si ce temps sort du planning de production sans être reconnu, l'animateur arbitrera contre l'atelier. 3. Un stock de matériel et un référent logistique. Jeux de cartes, salles, inscriptions, feuilles A0. Une personne qui centralise évite que chaque animateur réinvente l'organisation. 4. Un binôme pour les premières sessions. Les deux ou trois premières animations en co-animation sécurisent considérablement les débutants. 5. Un point collectif régulier entre animateurs. Une heure par trimestre pour partager les difficultés rencontrées maintient le niveau et le lien. 6. Une mesure de la satisfaction. Un questionnaire court après chaque session, comme celui que nous utilisons, permet de détecter une dérive de qualité avant qu'elle ne s'installe. Les limites du modèle Trois réserves à poser honnêtement. Un animateur qui n'anime jamais perd la main. C'est la limite principale. Au-delà de quelques mois sans animation, la mécanique de l'atelier et l'aisance sur les questions difficiles s'effritent. Prévoyez que chaque animateur formé anime au minimum quelques sessions par an, sinon formez moins de monde. L'internalisation ne remplace pas un regard extérieur. Sur les sujets sensibles — un CODIR, un site en tension sociale, une équipe qui perçoit le climat comme une contrainte imposée — un animateur externe est parfois plus efficace, précisément parce qu'il n'a pas d'historique avec le groupe. La sensibilisation reste de la sensibilisation. Même déployée à 100 % des effectifs, la Fresque ne dit pas où sont vos émissions ni par quoi commencer. Elle prépare le terrain pour un bilan carbone et une trajectoire de réduction, qui relèvent d'un autre travail. Nos offres détaillent cet enchaînement, et nos cas clients montrent des parcours complets.

Questions fréquentes

Faut-il être expert du climat pour devenir animateur ? Non. La formation apporte le contenu nécessaire, et l'atelier repose sur une posture de facilitation plutôt que sur un exposé d'expert. L'aisance en animation de groupe et la capacité à tenir un cadre horaire comptent davantage que le niveau initial en sciences du climat. Combien d'animateurs former pour couvrir nos effectifs ? Cela dépend du volume visé et de la disponibilité réelle de chacun. Un animateur peut accueillir jusqu'à 21 participants par session de 3h30. Le facteur limitant est presque toujours le temps que vos animateurs pourront réellement y consacrer, plus que leur nombre. Nous établissons ce dimensionnement avec vous avant la formation. La formation est-elle finançable par notre OPCO ? Oui. Purple Pepper est certifié Qualiopi, ce qui ouvre droit à une prise en charge totale ou partielle selon votre OPCO et votre branche. Nous montons le dossier administratif avec vous. Si vous envisagez de déployer la Fresque du Climat à l'échelle de votre organisation, écrivez-nous via la page contact. Nous cadrons ensemble le nombre d'animateurs à former, le calendrier de déploiement et le montage du financement.

Aller plus loin

Ce chapitre est tiré d’un livre.


« Climat : Démêler le vrai du flou ! » passe 20 idées reçues au crible, en 70 infographies. Il est préfacé par François Gemenne, auteur principal pour le GIEC, et édité par Tana Editions (groupe Editis).


Couverture du livre Climat : Démêler le vrai du flou !

Autres articles